Restauration d’un Marabout (Timiderte)

Timiderte, le marabout restauré, 08/02/2024, Saïd T.

Un marabout (مُرابِط) est un homme dont les actions se démarquent par leur sagesse, leur grandeur et leur caractère religieux. C’est un homme que l’on considérera doté de pouvoirs par Allah (الله), en d’autres termes, un saint. C’est pourquoi, à la mort d’un marabout, les populations locales lui édifient un monument pour accueillir sa tombe et ainsi perpétuer sa mémoire et sa baraka (بركة), bénédiction.

On peut trouver trois marabouts dans le douar de Timiderte et le plus notable se trouve accolé au cimetière, dans la rue menant à la Kasbah (قَصَبَة) de Timiderte. C’est celui-ci dont nous avons entrepris la restauration en refaisant la toiture qui s’effondrait et en reposant une porte comme à son origine. D’après la mémoire collective, ce monument date du XVI° siècle.

Ce marabout est dédié à Ahmed Al Imam, un homme venu des terres d’Arabie saoudite au XVI° siècle jusqu’au sud du Maroc propageant les paroles d’Allah. Comme de nombreux peuples à l’époque, il se déplaçait au sein de caravanes dont la route passait par ce douar. C’est ici qu’il mourut y fut enterré.

Il était coutume d’organiser un moussem (وعدة), fête traditionnelle, chaque année afin de se rassembler autour de ce marabout et chercher sa baraka en le priant. Chaque moussem est ancré dans une tradition locale et encore jusqu’aux années 2000 c’est une tradition qui fut perpétuée à Timiderte.

Au moment du ramassage des dates, les femmes du village amenaient une poignée de couscous à celle qui préparerait un couscous à la porte du marabout. Un couscous sans légume, ni viande, des plus simples. Chacune ramenait alors un bol de ce couscous dans leur foyer, portant avec elles la baraka d’Allah.

Un homme était aussi chargé du maintien du monument et de sa protection. Deux fois par an il organisait un grand repas, égorgeant un bouc pour l’occasion et des temps de prières étaient dédiés au marabout pour recevoir sa baraka.

Des traditions qui ne sont plus perpétuée aujourd’hui mais la préservation d’un tel monument participe à les inscrire dans l’histoire.

Publié par Association Jbel Kissane

Promouvoir le patrimoine local et soutenir la transmission des savoirs. ~Vallée du Drâa, Royaume du Maroc